Bienvenue sur le site d’ADAN, l’Association pour le Développement de l’Agriculture Naturelle au Cap Vert.

Porto Madeira            

Porto Madeira était encore, il y a plus de cent ans, une zone verte, forestière et fruitière.

Le terroir est fertile, bien que désertifiée aujourd’hui par une modification de l ‘écosystème liée à une coupe d’arbres massive.

L’agriculture est aujourd’hui limitée au maïs, haricots et entièrement dépendante de l’eau de pluie.

HISTOIRE

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Historiquement la zone est une partie boisé, qui a servi à la construction des barques et des bateaux de l’ile, d’où son non « Le port du bois ». Elles étaient riches d’arbres fruitiers jusqu’aux années 1970 avant les grandes sècheresses. L’exode rurale est la première cause de la dégradation de l’éco-système, s’ensuit les fléaux qui ont touché d’une façon général le pays, désertification, érosion, déficiences pluviales, et surtout le manque d’initiative pour valoriser les travaux agricoles et leurs débouchés.

Depuis les années 1990, de grands travaux ont été entrepris au Cap Vert pour préserver les écosystèmes et rénover les voies de communications.

L’accès à l’eau canalisée, la création d’un barrage à 5km de Porto Madeira, la mise en place de réservoirs et de systèmes de récupération des eaux de pluies, les techniques de goutte à goutte permettent déjà à la population de développer quelques produits agricoles (maïs, tabac, arachide, pomme de terre, poivron, courge).

Sur les coteaux qui représentent la totalité des sols de la parcelle initiale, les sols sont volcaniques, avec une roche mère affleurant, la terre arable ne dépassant pas les 40 cm. L’érosion est importante, et à la saison des pluies une grande partie est emportée dans des torrents de boues à la mer.

Naissance de l’association Adan ( Association pour le Développement d’une Agriculture Naturelle )

Crée en Mai 2011, elle a comme objectif :

Permettre à la population de Porto Madeira de créer un aménagement et une production agricole viable, rentable, esthétique, et écologique en :

  1. Produisant des produits biologiques de qualité à forte valeur ajoutée
  2. Créant un circuit de distribution organisé et spécialisé afin de vendre les produits à leur juste prix.
  3. Créant un Label « di Terra Propi » et communiquer sur les valeurs de la santé, du goût, de l’environnement et d’un Avenir sain.

L’association était composée à l’origine de 3 familles se répartissant les 30 parcelles identifiées sur les terrains. La répartition prend en compte la qualité des sols et leurs accessibilités.

Des objectifs simples :

Créer une agriculture durable a Porto Madeira
Responsabiliser les femmes par le développement d’une activité agricole rentable
Diversifier l’alimentation des familles
Utiliser des techniques adaptées au climat et au sol
Donner aux agriculteurs une possibilité d’expérimentation et de formation
Créer un réservoir de semences

évolution du projet 2008 – 2018

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2009 – Achat des terrains et construction de la maison                                              
2010 – Première plantation de 30 arbres fruitiers et implantation de 8 pieds de vignes
Contrat d’exploitation des terres avec 3 familles pour 3 ans (environ 120 personnes)
Étude des sols et achats de semence à l’Inida
1ère initiation à la Permaculture avec un groupe venus des USA Peace corps.

2011 – Achat de 100 arbres ( calabaceira, pignon, papaye goyave, cajou, Tamarin, manguier,…)
Importation de 50 pieds de vignes sur porte greffe, 8 variétés rouge et blanc
Aménagement de quelques parcelles pour les potagers implantation de Congo (poids d’Angole)

2012 – Bonne production de : Congos, cacahuètes,  patates douces tomates et courges  * env 5 Tonnes
Augmentation des surfaces de production
Rdv avec le centre de production de semence de St Domingo Achat de graines et surtout du manioc pour notre premier pied mère !

2013 – Très bonne récolte (congos), les adhérents votent pour le renouvellement du contrat
1éres semences de la « graine Indocile » surtout tomates et courges…
Suite à des pluies torrentielles il ne reste plus que 5 pieds de vignes les autres ont été emportés ou le porte greffe à pourri
Les Cajou et les goyaves ont l’air de mieux s’adapter que les autres arbres

2014 – Suite à ma formation avec la graine Indocile, mise en place et formation des adhérents à la création de buttes et de paillages sur les parcelles.
Bonne récolte tomates et courges en abondance merci la graine:)
Création du logo et d’une marque pour commencer à développer une production transformée des produits de l’association.
Demande de subvention en semence à Kokopelli programme « semences sans frontière »

 

   

2016 –  Année encore plus difficile deuxième année sans pluies, sans récolte ! Et toujours l’invasion des animaux sur nos terres ! De plus pour des raisons personnelles nous n’avons pas pu faire notre visite annuelle ! Domingo, le principal intéressé par la démarche de l’association, est parti au Portugal pour des raisons de santé et les autres adhérents ont délaissés les terres !!!

2017 – La saison des pluies a été retardée mais assez abondante. Après un état des lieux nous avons retrouvé les terrains quasiment inexploités. Seule Fati a planté des congos, du manioc et des cacahuètes, quelques tomates continuent à se reproduire sur les zones les mieux paillés. Pas de trace des pieds mères et aucune trace des semences de Kokopelli  sur les terrains ! Par contre les terrains sont bien enherbés, et à ma grande surprise les arbres plantés ont bien résisté à la sécheresse et aux appétits des animaux. Cajous et goyaviers sont en pleine forme, quelques manguiers commencent à ressembler à des arbres et même les arbres plantés sur les parcelles du haut on bien résisté. Suite à une réunion avec les adhérents, nous avons rompu le contrat que nous avions renouvelé en 2013, pour l’ouvrir a une nouvelle équipe composée essentiellement de femmes.(Fatima, Maria, Leini,Mélia,Maria Cecilia,..)

   

 

Porto Madeira février 2018 – Merci à Agrosemens

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Désenchantement et tristesse profonde à mon arrivée le 6 février à Porto Madeira ! Pour les 10 ans de notre activité il était difficile d’imaginer pire situation. C’est un désert, plus une plantation, seuls quelques cajous arrivent encore à survivre à la sécheresse et surtout aux animaux qui sont lâchés sans contrôle de personne. Une sensation de fin du Monde et un sentiment d’avoir perdu une bataille.

De plus il est difficile d’incriminer qui que soit vu le niveau de sécheresse qui touche l’île, même le barrage est a sec !!! Les animaux arrivent de partout, bœufs, chèvres, ânes se disputent les ultimes pousses de verdure, même l’Aloé Vera est détruite !

Après avoir discuté avec les protagonistes de l’association, il s’avère que la distribution des terrains ne s’est pas faite, chacune revendiquant des parcelles qui ne leur étaient pas attribuées !!!

Jeudi 15 février il a plu toute la nuit et ce matin il continue à pleuvoir…. Une pluie qui malheureusement ne sert à rien puisqu’elle ne pénètre pas dans le sol, d’ailleurs quelques jours plus tard il n’y a aucune repousse !

Suite à une discussion avec Misa, qui a récupéré une quarantaine de caisse en bois du marché de Praia, nous décidons d’organiser un atelier, pour semer les graines que j’ai ramené de France grâce à un don d’une stagiaire* qui a du annuler sa formation pour un problème de santé . http://www.agrosemens.com/

Une équipe de vingt femmes travaillent au nettoyage de la route et du village de Porto Madeira. Elles sont payées 300$ (2,5€/h) et travaillent de 8 h à 11h, nous leurs proposons de préparer une caisse chacune avec distribution de semences pour faire un semis qui leurs permettra de replanter chez elles les plans qui auront germés. L’objectif étant de réaliser des « pieds mères » pour produire des graines avant la saison des pluies et avoir de quoi semer en Juillet !

Car il n’y a même plus de semences disponibles suite à la sécheresse.

Le 1er jour un vendredi, nous réalisons le fond des caisses avec un mélange de terre paille pour les rendre étanches et solides. Nous les laissons sécher pendant le week-end et le lundi nous préparons un mélange de composte végétal et animal avec de la terre. Nous faisons une petite tranchée de 2cm de profondeur pour mettre les graines de tomate espacés de 2 cm chacune. Puis une autre tranchée pour les carottes et les navets, enfin un petit trou au centre pour la graine de courgette.

Les caisses sont ensuite copieusement arrosées et stockée contre un mur à l’abri du vent.

4 jours plus tard les premières poussent apparaissent et en moins d’une semaine 98% des semences ont germées… Le lundi suivant nous avons redistribué les caisses aux femmes ayant la volonté de s’occuper des plantes et nous avons donné les autres caisses aux femmes de l’association pour quelles assurent une récolte de graines pour la prochaine saison.

Nous nous sommes rendu compte que toutes ces femmes ne savaient absolument pas préparer un sol pour planter et encore moins pour semer. Elles ne savaient pas que l’on pouvait planter pour récupérer des graines, et bien que traditionnellement ce soit le même principe qu’elles utilisent avec le mais et les haricots, elle n’imaginaient pas que se soit possible avec les autres plantes.

vidéo semences

Il apparaît nécessaire d’expliquer simplement les principes de base applicables aux plus grand nombres de plantes, sur les semences, récupération des graines, séchage et stockage, identification et distribution. La préparation des semis, terre paille, composte, et mini pépinière..

Un grand merci à l’équipe d’Agrosemens pour leur soutien:) et à la stagiaire* Mercédès NINN